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SERIE | « Kiitos » Kimi : Australie 2001, la révélation

C’est officiel depuis quelques Grands Prix : Kimi Räikkönen quittera la Formule 1 après 20 ans de présence dans la discipline. Champion du monde 2007, il laissera une trace indélébile dans l’histoire du sport. Entre sa personnalité atypique et son coup de volant exceptionnel, il a su imposer son talent pendant de longues années au plus haut niveau. Nous allons donc revenir sur quelques-unes des courses les plus marquantes de sa carrière, bien qu’il y en ait des dizaines. C’est donc son premier Grand Prix qui ouvre cette série, en Australie en 2001.

La FIA commence cette saison 2001 de Formule 1 avec appréhension sur le cas d’un pilote. En effet, Sauber a choisi d’engager un certain Kimi Räikkönen aux côtés de Nick Heidfeld, mais le pilote finlandais n’est que très peu expérimenté en monoplace : il ne compte que 17 courses ! Faut-il le laisser courir et risquer un accident ou alors lui barrer la route pour le moment ? Ce jeune Finlandais de 22 ans était totalement inconnu au bataillon il y a encore peu. Il a cependant fourbi ses armes en karting pendant de longues années, se montrant aux avant-postes de façon régulière. Mais il n’a commencé sa carrière en monoplace que tout récemment, en 1999 lors du championnat hivernal de Formule Renault qu’il a écrasé avec quatre victoires en autant de courses. Le voici propulsé dans le championnat britannique de la spécialité pour l’année 2000. Les résultats sont sans appel : sept victoires, six poles, sept meilleurs tours en course et dix podiums en dix courses ! Ses trois piges en championnat européen se soldent par deux poles, deux victoires et deux meilleurs tours en course.

De telles performances ne laissent pas insensibles les pontes de la Formule 1, et c’est Peter Sauber qui se rue sur l’occasion. Räikkönen se voit ainsi offrir le volant de la Sauber C20 en essais privés pour se familiariser à la discipline. Son potentiel entrevu en Formule Renault britannique se confirme au-delà de toutes les espérances pour les hommes d’Hinwil. C’est ainsi qu’il se voit proposer un volant de titulaire pour l’année 2001, à la surprise de la FIA qui ne sait sur quel pied danser.

Après bien des palabres, le jeune Finlandais est autorisé à courir, en décrochant une super licence temporaire. Le voici donc lancé dans le grand bain de la Formule 1 à 22 ans, avec plus de chance qu’un autre rookie de cette saison en la personne de Fernando Alonso. Ce dernier ne dispose que d’une Minardi qui ne lui laisse aucune chance de briller à la régulière. Räikkönen peut espérer rentrer dans les points avec une Sauber performante bien que largement en dessous du top 3. Le plus chanceux reste donc Juan Pablo Montoya, qui rentre par la grande porte avec Williams-BMW. De façon plus anecdotique, Enrique Bernoldi fait ses débuts chez Arrows…

Et le moins que l’on puisse dire est que celui que l’on appellera « Iceman » n’est pas là pour faire de la figuration. Il se met ainsi en évidence lors des qualifications en arrachant le treizième temps sur la grille, à trois places et moins de quatre dixièmes d’un Heidfeld pourtant bien plus expérimenté. On parle d’un pilote qui a deux saisons en Formule Ford, deux saisons et un titre en F3 ainsi qu’en F3000, et une saison de F1 dans les jambes ! C’est dire le talent qui anime ce jeune pilote…

Et il se fait même remarquer avant son premier départ. Il est introuvable alors que les stands sont sur le point de s’ouvrir pour l’installation de la pré-grille. Les mécaniciens fouillent le garage de fond en comble, avant de se diriger vers le motorhome. C’est là qu’ils trouvent un Räikkönen… endormi ! Un calme olympien qui en surprend plus d’un, mais qui est de bon augure pour la suite.

Son départ n’est cependant pas le meilleur qui soit. Il perd plusieurs places et boucle le premier tour en seizième position, alors qu’Heidfeld est neuvième entre les BAR-Honda. Il gagne rapidement trois places, tout d’abord suite à l’accrochage entre Frentzen et Barrichello dans le troisième tour, puis à l’accident entre Villeneuve et R.Schumacher dans le tour suivant. Ce dernier provoque une neutralisation de dix tours, et la mort d’un commissaire de piste, heurté à la tête par l’une des roues de la BAR.

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Pendant que la neutralisation se poursuit, il double Verstappen et Alesi puis se débarrasse de Button à la relance pour passer en dixième position. Mais les points sont encore loin, à une époque où seuls les six premiers sont récompensés. Toutefois, il reste en piste là où tout le monde rentre aux stands au fil des tours. Il double Fisichella dans le 25ème tour, profite de l’abandon d’Häkkinen dans la boucle suivante et se retrouve huitième. C’est un Trulli en perdition qui lui offre la septième place ensuite, avant son seul arrêt de la course.

Le voici reparti neuvième, mais Frentzen est repassé devant lui. Il double Irvine et profite de l’abandon de Montoya alors troisième pour se retrouver de nouveau septième. Hélas, il ne peut faire mieux sur la piste car trop loin d’Heidfeld et de Frentzen devant lui. Le voici donc à la porte des points pour son premier Grand Prix, une performance plus qu’honorable compte tenu de sa faible expérience.

Mais devant lui, Olivier Panis est pénalisé de 25 secondes pour avoir dépassé sous drapeau jaune, tout comme Jos Verstappen. Le Français glisse de la quatrième à la septième place, moins de trois secondes derrière Räikkönen. Ce dernier marque donc le premier point de sa carrière, et Sauber classe ses deux voitures dans les points avec Heidfeld quatrième.

Ainsi se conclut le premier Grand Prix de Kimi Räikkönen, et force est de constater que Peter Sauber a eu le nez creux. Ce jeune pilote finlandais de 22 ans est déjà en train de faire sensation dans le paddock et ce malgré une expérience plus que faible pour un tel niveau de compétition. Une question se pose alors : de quoi sera-t-il capable ensuite ? Quoi qu’il en soit, il oppose un challenge bien plus relevé que prévu à Nick Heidfeld, originellement propulsé comme leader de l’écurie. Il faut croire que la tâche de l’Allemand sera plus ardue que prévu…

Né avec le rêve de rejoindre Schumacher, Senna ou encore Prost au firmament de la Formule 1, aujourd'hui j'essaie de raconter leur histoire, ainsi que celle de tous les pilotes et de toutes les écuries qui ont fait, font et feront la légende d'un des plus beaux sports du monde.

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