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Les quatre couronnes de Vettel : Japon 2011, un titre à la Schumacher

C’est LA nouvelle de ces dernières semaines dans le monde de la Formule 1 : Sebastian Vettel ne renouvellera pas son contrat chez Ferrari pour 2021. Si cette décision a ainsi lancé la silly season avant même qu’elle débute réellement, on risque fort de ne plus voir le quadruple champion du monde allemand sur la grille après 2020. Il n’envisage actuellement que deux options : rejoindre Mercedes ou partir à la retraite. Comme nous avions réalisé une série sur ses erreurs lors de la saison 2018, nous allons cette fois revenir sur ses quatre titres mondiaux, avec aujourd’hui la saison 2011.

2010 fut donc l’année de la consécration pour Red Bull, qui confirmait ainsi son nouveau statut de grand de la discipline. L’écurie autrichienne a réussi son premier doublé pilotes-constructeurs, grâce à un Sebastian Vettel opportuniste à Abu Dhabi. Toutefois, les hommes de Dieter Mateschitz doivent confirmer cette superbe saison : Vanwall avait ainsi sombré du jour au lendemain après une superbe campagne 1958…

Mais si la saison 2010 avait offert une superbe bataille à cinq pour le titre qui avait duré jusqu’à la dernière course, le cru 2011 va ravir les fans de Vettel… et profondément décevoir les autres. Si la bataille fait de nouveau rage en tête de peloton, Alonso, Hamilton, Button et Webber sont condamnés à se battre pour le titre de vice-champion, tant Vettel est intouchable ou presque à la régulière.

Il donne ainsi le ton dès l’Australie où il claque la pole avec près d’une seconde d’avance sur Hamilton et Webber, avant de gagner devant l’Anglais, qui n’aura mené que trois petits tours. Le scénario est identique ou presque en Malaisie, avec deux tours en tête cédés à Alonso et Button second. La Red Bull RB7 semble seoir à la perfection à son talentueux pilote, qui soit gagne, soit termine second mais jamais derrière le même pilote.

Sebastian Vettel ne cesse de démontrer son talent, ici en Malaisie

Il part sur les bases de Michael Schumacher en 2002, qui avait outrageusement écrasé la concurrence en terminant toutes les courses sur le podium, dont une seule à la troisième place ! D’autre part, il se révèle absolument redoutable en qualifications, au point de partir à la chasse d’un record jamais battu par son prestigieux aîné : celui du nombre de pole positions en une saison. Il date alors de 1992, lorsque Nigel Mansell avait signé 14 poles en 16 courses au volant de l’hallucinante Williams FW14B. Schumacher s’en était arrêté à 11 en 2001…

Il ne cesse ainsi de creuser son avance au championnat course après course, avec 34 points après quatre courses, puis 58 points après six courses ! Il faut dire qu’il compte à ce moment-là 5 victoires et une seconde place… Malgré une erreur dans le dernier tour au Canada qui donne la victoire à un Button revenu de nulle part, il ne connaît aucun réel revers avant le Grand Prix d’Allemagne. Seulement troisième sur la grille, il ne mène pas un seul tour de la course et n’arrache la quatrième place à Massa que dans le dernier tour. Il compte tout de même 77 points d’avance sur Webber, soit plus de trois victoires, mais le rêve d’égaler Schumacher en 2002 s’est envolé.

Il n’en continue pas moins de reprendre sa marche en avant et d’écraser la concurrence course après course. Après sa neuvième victoire de la saison à Singapour, seul Jenson Button peut mathématiquement être titré… s’il gagne les cinq dernières courses de la saison sans que Vettel marque le moindre point ! C’est dire à quel l’Allemand ridiculise ses adversaires au volant d’une voiture ultra-dominatrice…

Vettel ridiculise tous ses rivaux sous les projecteurs de Singapour ©AutoHebdo
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L’Allemand arrive ainsi au Japon avec le titre presque en poche : il lui suffit de marquer un petit point pour s’assurer de la couronne mondiale. Derrière, Webber, Button et les autres se partagent les miettes, et la victoire se fait rare pour eux. Cette course est ainsi une autre opportunité de vaincre Vettel, même si seul un abandon peut à ce stade l’empêcher d’être titré pour la seconde fois consécutive après ce Grand Prix.

Il met un point d’honneur à arracher la pole position, sa douzième de la saison avec seulement neuf millièmes de seconde d’avance sur Jenson Button. Preuve de la résignation des autres écuries, seules les Red Bull, Ferrari et McLaren ont signé un temps en Q3 ! Kobayashi, Schumacher, Senna et Petrov n’ont même pas voulu tenter le coup… Derrière, Hamilton devance les Ferrari et Webber, le seul à ne pas descendre sous les 1’31 dans cette séance.

Le lendemain, Button prend un excellent départ mais se heurte à un Vettel bien décidé à garder sa première place, au point que l’Anglais est tassé dans l’herbe pour éviter l’accrochage. Il glisse en troisième position derrière son coéquipier tandis que l’Allemand est sous investigation pour cet incident, qui ne lui vaudra finalement aucune pénalité. Après la première salve d’arrêts aux stands, Vettel est toujours en tête, cette fois devant Button et Alonso.

Button prend la tête après la seconde vague d’arrêts en tête de course et profite également d’un safety car, provoqué par un accrochage entre Massa et Hamilton qui a laissé de nombreux débris sur la piste. Ces deux-là n’en sont pas à leur première bisbille de la saison, loin de là qui plus est, ce qui ne manque pas de raviver encore plus les tensions entre les deux anciens prétendants au titre en 2008…

Button repart ainsi en tête et creuse peu à peu l’écart sur Vettel, qui voit la menace Alonso se profiler de plus en plus. L’Allemand sait qu’il n’a pas besoin de forcer son talent pour être sacré mais tient malgré tout à briller une fois de plus. Il s’arrête au 33ème tour, mais se retrouve derrière Alonso qui s’arrête cinq tours plus tard. C’est alors que pour la seule fois en trois ans chez Mercedes, Michael Schumacher prend les commandes et ce pour trois tours, avant de s’arrêter à son tour et de repartir sixième.

Alonso part à la chasse au Button pour la gagne et remonte peu à peu, mais l’Anglais de McLaren réplique et s’offre le meilleur tour en course pour s’assurer de la victoire, passant ainsi à moins d’un centième de seconde du hat-trick. Derrière, Vettel termine troisième devant Webber et devient le plus jeune double champion du monde de Formule 1 de l’histoire à 24 ans et 78 jours (il bat Fernando Alonso de près d’un an). Avec douze pole positions, neuf victoires, quatorze podiums et encore quatre courses à disputer, il peut encore égaler voire battre plusieurs records.

Sebastian Vettel franchit la ligne d'arrivée en tant que champion et a encore la possibilité d'égaler ou de battre des records

Lors de la course suivante à Yeongam, il devient le deuxième pilote après Schumacher à gagner 10 courses ou plus en une saison, chiffre qu’il porte à 11 en gagnant en Inde. Hélas, une crevaison à Abu Dhabi dans le premier tour le contraint à l’abandon et l’empêche d’espérer égaler Schumacher pour le nombre de victoires en une saison. Il perd également l’occasion de battre le record de podiums en une saison, qu’il aurait pu porter à 18 d’autant plus qu’il partait en pole. Néanmoins, sa pole au Brésil est sa 15ème de la saison, ce qui constitue alors un nouveau record (qui tient toujours). Victime d’ennuis de boîte de vitesses, il laisse la victoire à Webber, mais égale Schumacher en signant son dix-septième podium de la saison avec une seconde place.

Avec le nouveau système de points, il pulvérise son record de l’an dernier, passant de 256 à 392 points marqués (11 victoires, cinq deuxièmes places, une troisième place (comme Schumacher en 2002), une quatrième place et un abandon). Il en aurait marqué 161 en 2004 et 147 en 2002 avec les anciens systèmes, mais avec 19 courses contre 18 en 2004 et 17 en 2002. Quoi qu’il en soit, cette saison exceptionnelle fait rentrer Vettel dans la cour des grands, puisqu’il rejoint Fittipaldi, Häkkinen, Alonso, Ascari et Clark au palmarès avec ce second titre mondial, acquis avec la manière.

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Né avec le rêve de rejoindre Schumacher, Senna ou encore Prost au firmament de la Formule 1, aujourd'hui j'essaie de raconter leur histoire, ainsi que celle de tous les pilotes et de toutes les écuries qui ont fait, font et feront la légende d'un des plus beaux sports du monde.

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