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Les présentations de voitures insolites : Benetton/Renault, le cadre avant tout !

Qui dit mois de février dit lancement des monoplaces pour la nouvelle saison qui arrive. C’est l’occasion de présenter les nouvelles voitures ainsi que les pilotes, avec la livrée qui va avec. Si aujourd’hui la plupart des lancements se font dans la sobriété, certaines écuries ont eu par le passé fait dans l’extravagance ou l’inhabituel. Place cette semaine à Benetton, devenue Renault début 2002.

Fin 1995, Benetton est au sommet de la Formule 1. Dirigée de main de maître par Flavio Briatore, elle vient de remporter les titres pilotes et constructeurs, grâce notamment à un trio magique : Michael Schumacher, Ross Brawn et Rory Byrne. Hélas pour l’écurie italienne, le prodige allemand est parti chez Ferrari, ce qui met un sérieux coup aux ambitions de Briatore. Herbert parti chez Sauber, c’est un nouveau duo qui prend place dans les Benetton B196, mais qui est possiblement parmi les meilleurs de la grille. Jean Alesi et Gerhard Berger, tout deux limogés par Ferrari se retrouvent ainsi sous les ordres de Briatore, poursuivant leur collaboration entamée en 1993.

Et pour cette année 1996, Briatore met les petits plats dans les grands pour présenter sa nouvelle monoplace, la B196. Il investit ainsi le théâtre de Taormina, en Sicile pour dévoiler la voiture dessinée pour préserver le statut de top-team de l’écurie. Alesi défile à petite vitesse au volant d’une B196 vierge de tout sponsor, avant défiler ensuite dans les rues de la ville avec Berger, portés sur des chars. Tout ce petit monde arrive ainsi dans l’ancien théâtre romain de la ville, où la voiture est enfin dévoilée au public. Son but est simple : concurrencer Williams et Ferrari et jouer des victoires voire le titre.

Hélas, les résultats seront plus que décevants. Voiture pas très réussie et assez peu fiable, désillusions, occasions manquées et aucune victoire en fin de saison, une première depuis 1988 ! Ainsi, Alesi voit sa voiture le lâcher à une quinzaine de tours de la fin à Monaco suite à une casse de suspension. Berger lui casse son moteur en Allemagne à deux tours du but alors que lui aussi menait la course… Avec 10 podiums malgré tout, Benetton termine troisième du championnat avec 69 points, derrière Williams et Ferrari.

Les années se suivent et la situation de Benetton se dégrade au fil des ans. Gerhard Berger gagne en Allemagne en 1997, pour ce qui restera la dernière victoire de l’Autrichien et de Benetton. Il met ainsi un point d’honneur à boucler la boucle, après avoir offert à Benetton son premier succès en Formule 1, lors du Grand Prix du Mexique 1986. Fin 1997, Briatore est poussé vers la sortie et remplacé par David Richards, alors patron de Prodrive. De top-team, Benetton devient une écurie de milieu de grille qui subsiste notamment grâce aux coups d’éclat de Giancarlo Fisichella. Si Wurz arrive à être régulier sur le début de saison 1998 avec cinq quatrièmes places, il ne marquera presque plus de points jusqu’à fin 2000…

Cette saison 2000 offre un autre cadre magnifique pour la présentation de la B200 : le Musée National d’Art de Catalogne à Barcelone. Sur les hauteurs de la ville est ainsi présentée une statue en pierre ayant une forme de F1… avant d’être remplacée par la B200 qui doit faire oublier la décevante B199. Rocco Benetton pose ainsi fièrement avec Fisichella et Wurz, rejoints pour l’occasion par le troisième pilote Hidetoshi Mistuyama. Victorieux à plusieurs reprises au Japon en Super GT et en Formula Nippon, il profite de cette saison 2000 pour courir à plein temps en Formule 3000. Bilan : trois non-qualifications en trois courses et un retour précipité dans l’archipel…Malgré trois podiums de Fisichella, les résultats ne sont toujours pas à la hauteur et fin 2000, l’écurie est rachetée par Renault qui veut revenir dans la discipline en tant que constructeur pour la première fois depuis 1985. Flavio Briatore est de retour aux manettes de l’écurie, qui remplace un Wurz décevant par l’espoir Jenson Button, rookie plus que prometteur chez Williams.

Après Barcelone, c’est cette fois Venise et sa place Saint-Marc qui est choisie pour présenter la B201 au public en février 2001. Elle est entourée d’un mur d’eau finalement abaissé pour présenter ce qui reste la dernière Benetton à avoir couru en F1. Cette présentation en grande pompe se fait également avec un line-up qui aujourd’hui aurait des airs de dream-team. On voit ainsi Fisichella et Button en tant que titulaires, avec Alonso et Webber en pilotes essayeurs ! Et quand on connaît leur carrière par la suite… L’Espagnol effectue même ses débuts en F1 chez Minardi, avec qui il se contentera de découvrir la discipline avec pour meilleur résultat une 10ème place en Allemagne.

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Pour Benetton, cette dernière saison ne sera pas la plus fructueuse. Avec le pari du V10 à 111°, la voiture manque cruellement de fiabilité et de performance. Fisichella arrachera malgré tout un dernier podium pour Benetton en Belgique, avant que la marque de prêt-à-porter italienne se retire définitivement fin 2001. Elle fait ainsi place nette à Renault, qui marque son grand retour dans la discipline en tant que constructeur après 17 ans d’absence.

Les progrès se font rapidement sentir, notamment en 2003 avec le retour au sommet de l’écurie et la victoire d’Alonso en Hongrie. En plus de confirmer tous les espoirs placés en lui, il devient le premier Espagnol ainsi que le plus jeune pilote à triompher en Formule 1. Il bat ainsi un record détenu par Bruce McLaren depuis 1959, approché par un certain Kimi Räikkönen en début de saison. Tous les espoirs sont ainsi de mise pour la saison 2004.

Après plusieurs jours de tests en Espagne, c’est dans les rues de Palerme qu’est présentée au public la nouvelle Renault R24. Et au lieu d’une séance photo classique, c’est un shakedown qui est organisé dans la ville italienne. Fernando Alonso s’en donne ainsi à cœur joie entre donuts et dérapages, pour démontrer la motivation sans limites du constructeur français. Alonso est accompagné de son coéquipier Jarno Trulli ainsi que de Franck Montagny, le troisième pilote de l’écurie.

2004 voit un excellent début de saison des Français, avec en point d’orgue la victoire de Jarno Trulli à Monaco. C’est le seul des 13 premiers Grands Prix de la saison (!) qui échappe à Michael Schumacher, ultra-dominateur avec son exceptionnelle F2004. Longtemps en course pour la place de dauphine de Ferrari, elle doit finalement s’incliner face à Bar-Honda. Trulli ne marque plus le moindre point après le Grand Prix de France, au point d’être limogé en Italie, avant la fin de la saison ! Il rebondit rapidement chez Toyota, tandis que Renault relance Villeneuve au lieu de donner le volant à Montagny. Le Québécois ne marque hélas pas le moindre point en trois courses.

Des environnements de rêve pour présenter ses monoplaces, telle était la formule de Benetton sur ses dernières années, reprise en 2004 par Renault. Il faut dire que l’élégance des Formule 1 s’accordait parfaitement avec le prestige des lieux visités, ce qui donnait des rendus magnifiques. Si les performances en piste n’étaient pas toujours du même acabit, force est de constater qu’en matière de présentation, le savoir-faire et le bon goût étaient à l’ordre du jour.

Né avec le rêve de rejoindre Schumacher, Senna ou encore Prost au firmament de la Formule 1, aujourd'hui j'essaie de raconter leur histoire, ainsi que celle de tous les pilotes et de toutes les écuries qui ont fait, font et feront la légende d'un des plus beaux sports du monde.

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