Dans les allées du Paddock

McLaren-Honda : un divorce bénéfique pour les deux parties ?

Avec la récente victoire de Max Verstappen en Autriche ainsi que les bons résultats des McLaren de Sainz et Norris, force est de constater que les deux constructeurs fonctionnent bien mieux séparément. Malgré une riche histoire commune, le remariage n’avait absolument pas pris.

McLaren-Honda… La génération ayant connu l’âge d’or de la Formule 1 se rappelle tendrement cette association dorée. Trois pilotes d’exception avec Ayrton Senna, Alain Prost et Gerhard Berger. Quatre titres pilotes et autant de titres constructeurs, des succès à foison, des batailles fratricides… Autant de choses qui ravissaient les spectateurs de ces années-là.

Des débuts difficiles

L’annonce du retour de Honda en 2015 comme motoriste de McLaren fait alors grand bruit dans le paddock. Avec Fernando Alonso et Jenson Button comme pilotes, tout laisse présager d’une réussite sans pareil… Mais en trois ans de collaboration, il n’en sortira pas grand-chose. La sauce ne prend pas et Alonso, Button et Vandoorne se retrouvent bien souvent à espérer un miracle pour marquer quelques points.

Fin 2017, les deux parties se séparent et continuent leur route de leur côté. Une séparation qui va finalement s’avérer bénéfique pour tout le monde. McLaren poursuit donc avec Renault, Alonso et Vandoorne pour la saison 2018. Mais si Alonso marque 32 points lors des cinq premières courses, il n’en score que 18 autres dans la saison. Vandoorne marque huit points en quatre courses, puis doit attendre le Mexique pour en marquer quatre autres. Il est donc remercié à la fin de la saison alors qu’Alonso prend sa retraite après 17 saisons.

Chez Honda, l’objectif est de motoriser Red Bull en 2019, et la saison 2018 est une saison d’apprentissage chez la petite sœur Toro Rosso. Pierre Gasly, en terminant 4ème à Bahreïn, fait mieux au bout de deux courses que les pilotes McLaren en trois ans ! Bien que le moteur manque encore de puissance, il a grandement gagné en fiabilité. Gasly et Hartley parviennent à amener la Toro Rosso plusieurs fois dans les points. C’est ainsi que Red Bull quitte définitivement le bloc Renault pour s’adapter au moteur nippon.

Regain de jeunesse

Cette saison 2019 pour McLaren se passe bien mieux que les précédentes. Alonso et Vandoorne partis, la firme de Woking fait confiance à deux jeunes pilotes pour son avenir. D’un côté, un Espagnol en remplace un autre puisque Carlos Sainz fait son arrivée dans la firme néo-zélandaise. De l’autre, Vandoorne voit le jeune Lando Norris, vice-champion F2 en titre prendre sa place.

Sur la piste comme en dehors, l’ambiance est radicalement différente, au bénéfice de tout le monde. Alonso était clairement LE chef chez McLaren, alors que Sainz et Norris semblent entretenir des rapports amicaux. Il n’y a pas de hiérarchie imposée, bien que Sainz soit plus expérimenté, et chaque pilote peut exprimer son talent à sa guise. C’est ainsi que les résultats progressent, Sainz étant avec 30 points après l’Autriche le premier des autres. Norris n’est pas en reste, puisque avec 22 points, il est huitième du championnat du monde, derrière son coéquipier.

Il faut ajouter également l’activité de Norris sur les réseaux sociaux, qui attire énormément de sympathie à son égard. Adepte des memes, de l’autodérision couplés à un talent indéniable, il se fait une superbe réputation auprès des fans. Sa bonne humeur communicative est un atout certain dans la réussite de McLaren cette année. L’écurie de Woking se repositionne comme quatrième force du plateau, devant Renault. Les pages McLaren-Honda et Alonso semblent tournées pour de bon.

La nouvelle route nippone

Verstappen en Autriche ©Vid Vorsic Verstappen en Autriche ©Vid Vorsic

Honda est donc en charge de Red Bull comme de Toro Rosso pour le moteur 2019. Si de nombreuses craintes étaient émises à la suite de l’épisode McLaren, force est de constater que l’écart est moins grand que prévu. Si Gasly est incapable de faire fonctionner la voiture correctement, Max Verstappen enchaîne les performances avec notamment deux podiums. Il signe également une superbe course à Monaco, où seule une pénalité l’empêche de monter sur le podium. Cependant, l’Autriche reste le théâtre d’une de ses plus belles courses avec une remontée incroyable. Grâce à des pneus plus frais que ceux de Leclerc, le Hollandais Volant gagne la première course de Honda depuis Button en Hongrie, en… 2006 ! Preuve que malgré les difficultés rencontrées avec McLaren, le constructeur japonais réussit à se remettre sur les bons rails. Toutefois, il reste un différentiel de puissance à combler avec les autres, car Max n’aurait pu dépasser Charles à Spielberg avec des pneus moins frais. En effet, la Ferrari profite de son imposante cavalerie pour résister dans les parties rapides. Monaco avait également démontré le manque de puissance du Honda par rapport au Mercedes.

Comme quoi, ce divorce fin 2017 semble être la meilleure chose qui soit arrivée aux deux constructeurs. McLaren retrouve le bon chemin maintenant qu’elle s’est séparée d’Alonso pour deux jeunes loups talentueux. Quant à Honda, motoriser un top team lui permet de réaliser de réels progrès et de se surpasser pour proposer un moteur capable de rivaliser avec les autres en performance pure. Reste à voir si Honda comme McLaren vont atteindre à nouveau les sommets des années 80 et du début des années 90.

Avatar

Né avec le rêve de rejoindre Schumacher, Senna ou encore Prost au firmament de la Formule 1, aujourd'hui j'essaie de raconter leur histoire, ainsi que celle de tous les pilotes et de toutes les écuries qui ont fait, font et feront la légende d'un des plus beaux sports du monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :