Séries

Dans les yeux de Pierre : Monaco 2004, mon plus ancien souvenir de F1

Être journaliste F1 implique presque toujours d’être passionné et de suivre le sport depuis un certain nombre d’années. Pour ma part, je regarde la discipline depuis 2004, aussi loin que je me rappelle, alors que je n’avais que 5 ans. ce cette époque, il me reste des flashs, des moments précis gravés en ma mémoire. Bien que ces courses n’aient pas toujours eu une signification particulière ou un retentissement immense, lors de cette série spéciale, nous allons les revivre ensemble.

Le Grand Prix de Monaco est la sixième manche d’une saison 2004 dont on connaît presque déjà le champion du monde, en la personne de Michael Schumacher. Envolés les espoirs d’une saison aussi serrée qu’en 2003 avec Räikkonën et Montoya disputant le titre à l’Allemand. Le Kaiser est de retour avec des stats effarantes : il gagne les cinq premières courses de la saison, et mène avec 50 points. Il compte déjà 18 points d’avance sur Barrichello, 26 sur Button, et 29 sur Trulli et Alonso, les deux pilotes Renault. Montoya est à 32 points, et Räikkonën n’a scoré qu’une seule unité !

C’est pendant la dernière année de l’ère Schumacher que je suis devenu fan du pilote, et surtout de la Scuderia Ferrari. Quinze ans après, je soutiens toujours les Rouges, entre joies et surtout désillusions terribles, mais à l’époque, je ne voulais voir personne d’autre que Schumi gagner. Bien évidemment Monaco n’est pas un circuit comme les autres et le Kaiser n’est que quatrième sur la grille, alors décidée sur un seul tour lancé. Surprise, elle revient à Jarno Trulli, auteur d’un tour magnifique sur sa Renault, qui devance Button et Alonso.

Rien ne va se passer comme prévu dans cette course, puisque dès le départ Panis cale et reste collé à son emplacement. Un second départ est donné et le Français part des stands, second départ qui voit Sato gagner… quatre places ! Un véritable exploit à Monaco, mais deux boucles plus loin, son moteur explose, et pris dans la fumée, Fisichella et Coulthard s’accrochent. Si personne n’est blessé, cela fait trois voitures en moins en course.

La safety car déployée à la suite de cet accident rentre au huitième tour, et devant Trulli s’envole, tandis que derrière les abandons se multiplient chez les écuries de fond de grille. Tout le monde s’arrête entre le 18ème et le 26ème tour, et à ce petit jeu Renault et Michael Schumacher sont les grands gagnants, puisque Trulli mène devant Alonso et le Kaiser, qui grâce à un superbe overcut a doublé Räikkonën et Button. Trois tours plus tard, le Finlandais abandonne sur casse moteur. La saison s’annonce bien longue pour lui…

Au 42ème tour se joue un autre tournant de la course. Ralf Schumacher, parti 12ème à la suite d’une pénalité, navigue en 10ème position, derrière la Jordan d’Heidfeld (!). Il ralentit dans le tunnel pour laisser passer Alonso, qui lui prend un tour, mais rien ne se passe comme prévu. L’Espagnol perd le contrôle de sa R24 et la fracasse dans le rail, ce qui le contraint à l’abandon. Furieux, il fait savoir d’un geste du bras ses états d’âme à l’Allemand, qu’il accusera de conduite dangereuse après coup.

La safety car est de nouveau de sortie et tout le monde est aux stands, sauf Schumacher et Montoya qui se retrouvent derrière elle. Mais au 45ème tour, alors qu’elle s’apprête à rentrer aux stands, un Montoya distrait ne voit pas Schumacher ralentir en faisant chauffer ses gommes. Le Colombien ne peut alors éviter le contact, et la F2004 se retrouve à son tour dans le rail. C’est cette image qui me reste en tête, la plus ancienne que j’aie, celle de la caméra embarquée de Schumi qui tente de ramener sa Ferrari blessée aux stands, roue avant gauche traînant sur l’asphalte… Une déception immense que nous partagions lui et moi sans pour autant nous connaître, d’autant plus que je n’étais qu’un petit garçon de cinq ans.

Une fois la Ferrari out, la seule bataille en piste concerne celle pour la victoire entre Trulli et Button, mais comme Mansell, douze ans avant lui, l’Anglais ne trouvera jamais l’ouverture et doit se contenter de la deuxième place, derrière un surprenant Trulli qui signe sa première (et seule) victoire en F1, pour son 117ème Grand Prix tout de même, lui qui court depuis 1997 ! Troisième, Barrichello sauve les meubles pour la Scuderia, devant Montoya, Massa, da Matta, Heidfeld, Panis (pourtant parti des stands), et Baumgartner, dernier à six tours de Trulli et trois de Panis…

Au championnat, tout le monde se rapproche de Schumacher, tout du moins ceux qui ont terminé, mais la F2004 va reprendre sa domination et écœurer la concurrence comme l’avait fait la F2002 deux ans auparavant. Après treize courses, Monaco reste la seule ayant échappé au Kaiser ! Il écrase donc cette saison et devient de nouveau champion, loin devant Barrichello, Button, Alonso et Montoya. Cette année 2004 reste la dernière de son règne, brisé par Alonso en 2005.

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Né avec le rêve de rejoindre Schumacher, Senna ou encore Prost au firmament de la Formule 1, aujourd'hui j'essaie de raconter leur histoire, ainsi que celle de tous les pilotes et de toutes les écuries qui ont fait, font et feront la légende d'un des plus beaux sports du monde.

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