Dans les allées du Paddock,  Formule 1

Scuderia Ferrari : Rouge de honte

Le suspense n’a pas été de longue durée lors de ces qualifications pour le Grand Prix de Belgique. Après une domination incontestable sur le circuit de Spa-Francorchamps, Lewis Hamilton scelle un nouveau record de piste et empoche une 6e pole position sur le tracé belge.

On savait Ferrari en difficulté depuis quelques années, mais encore était-elle capable de se battre à l’avant du peloton et d’en être l’une des trois forces majeures. Cette année, la SF-1000 est un désastre, un tracteur qui n’en finit plus de traîner sa misère course après course. Sebastian Vettel ne marque que quelques points par-ci par-là, tandis que Leclerc réalise des miracles pour aller chercher des podiums plus qu’inattendus.

Il n’est un secret pour personne que le V6 turbo italien est un échec sur toute la ligne. Après l’accord signé avec la FIA, il est très loin des performances affichées l’an dernier à la même époque. Entre cela et une aérodynamique clairement ratée, les points forts de Ferrari sont devenus ses pires faiblesses. Avant extrêmement performantes sur des circuits ultra-rapides comme Spa ou Monza, elles ont montré leurs limites ce week-end… et 2021 s’annonce bien sombre. C’est à se demander si Sainz a fait le bon choix de partir chez Ferrari.

Les essais sont ainsi pire qu’inquiétants puisque jamais les SF-1000 ne sont dans le coup. Elles se retrouvent perdues au milieu des Haas, Alfa Romeo et Williams, au point de se retrouver 17ème et 20ème après la troisième séance d’essais libres ! Leur qualification en Q2 tient ainsi du miracle, mais les chiffres montrent à quel point les monoplaces rouges ont régressé. En 2019, Leclerc avait collé presque quatre secondes à Russell en Q1, alors que cette année il est derrière l’Anglais pour 26 millièmes… L’aventure s’arrête logiquement en Q2, et pour la première fois depuis six ans aucune Ferrari n’est en Q3 !

Charles Leclerc au Grand Prix de Spa-Francorchamps 2020 ®Scuderia Ferrari Press Office

Les monoplaces rouges verrouillent ainsi une ligne comme l’année précédente, mais passent de la première à la septième ligne… Et le départ de Leclerc, qui remonte en neuvième position n’est qu’un feu de paille puisqu’il se fait rapidement repasser par tout le monde avant de retomber hors des points. Il se retrouve alors juste devant Vettel, qui n’est pas plus à l’aise avec un tel tacot. Déjà qu’en essais ils ne pouvaient pas dépasser les Alpha Tauri…

Dans le onzième tour, Giovinazzi part à la faute à la sortie des Fagnes et détruit son Alfa Romeo. Russell qui le suivait ne peut éviter la roue arrière de la monoplace italienne et finit lui aussi dans le mur. Cet accident lance la voiture de sécurité en piste et une vague d’arrêts aux stands, où seuls Pérez et Gasly restent en piste. Et comme il n’y a pas que la voiture qui a des ratés, Leclerc subit un arrêt aux stands de 10 secondes au lieu de 2-3 secondes. Les mécaniciens n’avaient pas préparé les pneus… Une fois reparti, le Monégasque tempête en franglais dans le texte : « Oh come on, p***** de ta r*** ! ». C’est dire si la joie règne en maître chez Ferrari…

On revoit ainsi les deux voitures se battre dans le 19ème tour, et manquer de peu de s’accrocher ! Au moins cela aurait permis d’arrêter les dégâts, car cette course est totalement indigne de l’histoire d’une telle écurie. Par la suite Leclerc doit rentrer aux stands, et il repart bon dernier, derrière Latifi ! Il signe bien le meilleur tour en course dans le 27ème tour, mais il faut croire qu’il était en mode qualifications puisqu’il ne le battra plus de la course. Hamilton le reprend ainsi deux boucles plus tard sans la moindre difficulté, tandis que le Monégasque laisse la lanterne rouge à Latifi qui est repassé par les stands…

Sebastain Vettel au Grand Prix de Spa-Francorchamps 2020 ©Scuderia Ferrari Press Office

Vettel lui pointe en dixième position mais se fait doubler par Pérez, Gasly… et même Räikkönen avec l’Alfa Romeo ! Décidément rien ne va chez les Rouges, au point que la réalisation montre un Sainz dépité de voir Gasly déposer Vettel sans difficulté. Déjà qu’il n’a pas pu prendre le départ de la course à la suite d’un problème mécanique, il voit sa monoplace de l’an prochain se traîner en queue de peloton sans jamais pouvoir se battre pour quoi que ce soit. Magnussen semble être alors une anomalie car Leclerc parvient à le dépasser dans le 35ème tour.

À cinq tours de l’arrivée, Vettel n’est que 13ème, et Leclerc 15ème ! Et dire que l’année précédente le Monégasque gérait le retour d’Hamilton… Ce dernier roule tranquillement en tête alors que Leclerc dépasse Grosjean pour la 14ème place… dans le dernier tour ! C’est ainsi que les Ferrari terminent avec les mêmes positions qu’en qualifications, mais Vettel a dépassé Leclerc et ils ont fini derrière l’Alfa Romeo de Räikkönen !

Honteux, scandaleux, misérable…  Autant de mots qui peuvent décrire la prestation de Ferrari ce week-end. On savait les monoplaces rouges en souffrance, mais personne ne pensait qu’elles tomberaient si bas dans le classement. Hors du coup tout le week-end, jamais dans le rythme, elles se sont contentées de faire de la figuration pendant trois jours. Comment dire que si rien n’est fait, Monza sera un terrible calvaire pour l’écurie et encore plus pour les tifosi qui attendent la course comme le Messie… Mattia Binotto a vraiment du souci à se faire quant à son maintien dans la Scuderia s’il ne parvient pas à redresser la barre.

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Né avec le rêve de rejoindre Schumacher, Senna ou encore Prost au firmament de la Formule 1, aujourd'hui j'essaie de raconter leur histoire, ainsi que celle de tous les pilotes et de toutes les écuries qui ont fait, font et feront la légende d'un des plus beaux sports du monde.

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