Dans les allées du Paddock

Grand Prix des 70 ans : Max Verstappen, un chef d’œuvre stratégique

Mercedes peut désormais dire adieu à ses rêves de Grand Chelem. Déjà que la crevaison d’Hamilton dans le dernier tour en Grande-Bretagne avait été un sérieux signal d’alarme, les Flèches d’Argent se sont inclinées aujourd’hui. Incapables de tenir leurs gommes, elles sont tombées sur un Max Verstappen en état de grâce. Au-delà de la performance en piste, le Batave a pu profiter d’un pari de Red Bull qui s’est révélé gagnant.

Jusqu’à ce Grand Prix du 70ème anniversaire de la discipline, Mercedes avait mené chaque tour des quatre premiers Grands Prix. Tous, sauf le quatrième tour du Grand Prix de Hongrie laissé à Verstappen. Ce dernier semble être la seule menace crédible pour les Mercedes, tant les Racing Point sont décevantes. Leclerc lui réalise des miracles avec une charrette tirée par des chevaux plus qu’anémiques : il suffit de voir le cauchemar Vettel pour réaliser à quel point le Monégasque est rapide avec une voiture indigne de son talent.

Verstappen lui a de belles raisons d’espérer : il a fini second en Grande-Bretagne, et sans un dernier arrêt pour aller chercher le record du tour il aurait même pu s’imposer. C’est ainsi qu’on ne le voit pas forcément en haut de la feuille des temps en essais libres, car il se concentre surtout sur la course dimanche. Une stratégie qu’appliquait notamment Alain Prost pour contrer un Senna avide de poles positions. Quatrième sur la grille derrière un surprenant Hülkenberg, il tente un pari audacieux en partant en pneus hard ! Il est ainsi le seul pilote du top 10 à partir avec ces gommes quand tous les autres s’équipent en médium.

Le pari semble risqué car les gommes dures sont comme de coutume moins performantes que les médium. Mais elles vont se révéler être la clé de la course, et ce dès le départ. Alors que Vettel part (encore) en tête à queue, Verstappen double Hülkenberg et prend la troisième place derrière les Mercedes, qui semblent prendre le dessus dans les premiers tours.

Vettel part en tête à queue au départ du Grand Prix des 70ans à Silverstone

Mais rapidement, les durs du Néerlandais se montrent plus performants au fil des tours. Les médiums des Mercedes se dégradent tant et si bien que Hamilton voit la Red Bull flanquée du numéro 33 se rapprocher dangereusement. Lorsque ses ingénieurs lui demandent de ralentir pour préserver la mécanique, il refuse net et poursuit son effort. « C’est la seule chance que j’ai de suivre les Mercedes, je ne vais pas rester là à regarder comme une grand-mère ». On peut dire qu’il est déterminé à vaincre.

Bottas puis Hamilton s’arrêtent pour passer des pneus durs, et Verstappen prend alors la tête des opérations. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, la Red Bull est plus rapide que les monoplaces allemandes ! Ces dernières détruisent leurs pneus quand la monoplace autrichienne les conserve à la perfection. Ainsi, le Batave creuse peu à peu l’écart jusqu’à la mi-course, où il effectue son premier arrêt pour ravitailler. Il perd cependant un peu de temps et ressort derrière Bottas, avant de le repasser à Brooklands.

Il ne fait que quelques tours en médium pour respecter la règle du changement de gommes obligatoire, au nombre de six. Il rentre en même temps que Bottas pour mettre des gommes dures alors que Hamilton reste en piste avec des durs fortement endommagés. Son pneu arrière droit est ainsi attaqué par le blistering, laissant une marque béante au milieu de la gomme.

Les gommes de Hamilton ont grandement souffert durant le Grand Prix des 70ans à Silverstone

L’Anglais tente de finir sans s’arrêter pour vaincre la Red Bull, mais les jeux sont faits. Il rentre donc à une dizaine de tours de la fin pour rechausser des durs et finir la course. Ses pneus étaient en lambeaux et Verstappen revenait de plus en plus fort derrière. Reparti à 12 secondes de la tête, il laisse Leclerc sur place puis dépasse Bottas, mais ne peut rien faire pour la victoire. Il termine ainsi second avec le record du tour, à plus de 10 secondes du héros du jour.

Pour la première fois de la saison, ce n’est pas une Mercedes sur la plus haute marche du podium, mais la Red Bull de Max Verstappen. Élu Pilote du jour à juste titre par les fans après cette course, il gagne son 9ème Grand Prix en carrière, pour son 108ème départ. Il devient à cette occasion le Néerlandais ayant couru le plus de GP, dépassant son père Jos resté à 107 courses. Il chipe aussi la seconde place du championnat à Valtteri Bottas, mais reste malgré tout à 30 points de Lewis Hamilton après cinq courses…

Max Verstappen remporte le GP des 70ans de la Formule 1 © Red Bull

Red Bull a réussi un coup de maître stratégique en faisant partir le Batave en pneus durs. Bien plus performante que la gomme médium et se dégradant beaucoup moins vite sur la Red Bull que sur la Mercedes, elle a décidé du vainqueur final. Le Néerlandais a quant à lui parfaitement géré sa course, sans commettre la moindre erreur ni perdre son sang-froid comme cela a pu lui arriver auparavant. La chaleur aussi a eu son effet sur le déroulement de la course, accélérant le blistering et la dégradation des pneus sur les Mercedes. Cette course prouve ainsi que les Mercedes ne sont pas totalement intouchables, bien que la W11 soit largement au-dessus du lot.

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Né avec le rêve de rejoindre Schumacher, Senna ou encore Prost au firmament de la Formule 1, aujourd'hui j'essaie de raconter leur histoire, ainsi que celle de tous les pilotes et de toutes les écuries qui ont fait, font et feront la légende d'un des plus beaux sports du monde.

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