Au volant des courses,  Formule 1

GP d’Abou Dhabi : Max Verstappen, vainqueur au bout de l’ennui

Comme depuis quelques années désormais, c’est à Abu Dhabi que s’est déroulée la dernière course du championnat. Sur un tracé ressemblant plus à un parking de supermarché qu’à un réel circuit, cette épreuve a plus tenu de la longue procession qu’autre chose. Toutefois, Mercedes n’a pas triomphé ce week-end, laissant la vedette à Max Verstappen. Retour sur l’un des week-ends les plus calmes de la saison…

Les fans de la discipline avaient presque tous eu le cœur brisé de voir George Russell terminer aussi loin après un Grand Prix magnifique à Sakhir. Le jeune Anglais avait réalisé une performance majuscule hélas gâchée par une crevaison lente en fin de course, le faisant terminer neuvième. Hélas pour lui, il n’aura pas de seconde chance cette année car Lewis Hamilton est guéri du Covid-19. Le septuple champion du monde est donc de retour dans la Mercedes, tandis que Russell lui revient dans la Williams FW43, non sans une pointe de déception. Quant à Jack Aitken, il se fend d’un tweet à l’encontre de Stoffel Vandoorne, lui demandant s’il lui reste une manette de disponible…

L’événement du week-end reste la démonstration de Fernando Alonso au volant de sa Renault R25 de 2005. De retour chez Alpine en 2021, le double champion du monde a ainsi pu faire quelques tours dans la voiture de son premier titre. Qui plus est, ce dernier n’a pas ménagé sa peine loin s’en faut, poussant son ancienne machine dans ses derniers retranchements. En quelques tours, il nous a rappelé pourquoi tant de personnes sont tombées amoureuses de la Formule 1 de cette époque : des V10 hurlant à 19000 tr/min, des voitures ultra-légères et de la vitesse à l’état pur sans artifices. Il y a encore un mois, nous aurions pu rajouter l’absence du Halo, mais l’accident de Romain Grosjean a fini de prouver sa nécessité.

En essais, les Mercedes tournent un peu « au ralenti », laissant la première place à Verstappen. On suppose que les Flèches noires vont tout donner en qualifications, qui voient McLaren prendre une option pour la troisième place du championnat constructeur. Pérez part du fond de grille à cause de son moteur neuf, les Renault échouent en Q2 et Stroll n’est que neuvième. Sainz est lui sixième derrière Albon et Norris qui a réussi un tour proprement exceptionnel, à moins de trois dixièmes de la pole ! L’Anglais est quatrième derrière les Mercedes… et Verstappen qui a arraché la troisième pole de sa carrière ! Il devance Bottas et Hamilton de moins d’un dixième.

Le lendemain, tout le monde s’attend à une course calme, voire à une purge pour certains… et force est de constater que ce fut le cas dans l’ensemble. Ainsi, personne ou presque ne se rate spécialement au départ et le top 8 reste inchangé. Ocon a passé Gasly, Vettel a passé Leclerc et Magnussen a gagné trois places, mais on sent déjà que les dépassements se feront rares… Verstappen lui a déjà creusé l’écart sur les Mercedes tandis qu’Albon se défait de Norris pour la quatrième place quelques tours plus loin.

Le seul événement notable de la course se produit dans le 10ème tour. Pour son 191ème et peut-être dernier Grand Prix, Sergio Pérez partait 19ème mais avec un moteur neuf. Hélas, alors qu’il remontait sur les Ferrari, ce moteur neuf le lâche. Contraint à l’abandon, il provoque une Virtual Safety Car, qui devient rapidement une Safety Car. Tout le monde en profite donc pour s’arrêter et changer de gommes, sauf Ricciardo et les Ferrari qui passent sur une stratégie décalée. Si Ricciardo et Vettel sont en gommes dures, le choix de Leclerc de garder les médiums est lui plus surprenant.

La course repart dans le 14ème tour, et Verstappen s’envole rapidement à la relance, sans se faire surprendre par les deux Mercedes. Derrière, les Ferrari commencent à perdre du terrain, en particulier celle de Leclerc qui souffre avec ses pneus. Il s’arrête alors au 23ème tour pour mettre des gommes dures… et repart bon dernier, tandis que Vettel tient encore et toujours face à Stroll. Ricciardo lui fait mieux que résister : il creuse l’écart sur Norris et tient sa cinquième position.

Puisque devant rien ne bouge tellement Verstappen conduit à sa main, les caméras de la FOM montrent la bataille pour la huitième place de Vettel. Concentré à vouloir doubler la Ferrari de l’Allemand, Stroll voit soudainement Gasly plonger à l’intérieur au bout de la seconde ligne droite dans le 30ème tour. Le Normand passe ainsi neuvième, puis double rapidement Vettel qui ne s’est toujours pas arrêté. Ce dernier devient la locomotive d’un train emmenant Stroll, Ocon et Kvyat ensuite, permettant à Leclerc d’essayer de remonter. Il est alors en bataille pour la 14ème position face à Russell.

Vettel s’arrête dans le 36ème tour et repart 15ème, tandis que Sainz est sous le coup d’une investigation des commissaires. L’Espagnol de McLaren est soupçonné d’avoir roulé trop lentement dans la pitlane, mais son cas ne sera étudié qu’à la fin de la course. Quelques tours plus loin, c’est Ricciardo qui rentre aux stands et chausse les gommes médium. Sa stratégie a fonctionné puisqu’il repart septième devant Gasly.

Les 15 derniers tours ne changeront rien ou presque à la hiérarchie de la course, qui voit Max Verstappen remporter son 10ème Grand Prix en carrière. Il devient le 34ème pilote à franchir cette barre, et il devance Bottas et Hamilton sur le podium. Ce dernier signe ainsi son 165ème podium en carrière. Toutefois, les Renault bousculent un peu l’ordre établi, chacune à leur façon. Esteban Ocon parvient à se défaire de Stroll dans le dernier tour pour lui prendre la neuvième place. Daniel Ricciardo, lui, prive Max Verstappen de son premier hat-trick (qui aurait même été un Grand Chelem vu qu’il a mené toute la course) en arrachant le meilleur tour en course dans sa dernière boucle. Un meilleur tour arraché pour seulement 32 millièmes de seconde !

Albon prend lui la quatrième place, après avoir essayé de menacer Hamilton en toute fin de course. Il termine devant les McLaren de Norris et Sainz, qui permettent à l’écurie de Woking de passer la barre des 200 points et de terminer troisième du championnat constructeurs. Il s’agit de son meilleur résultat depuis 2012 ! Elle devance Racing Point, Renault et Ferrari, seulement sixième. L’écurie italienne n’avait pas fini si mal classée depuis… 1980, soit 40 ans et la débâcle de la Ferrari 312 T5. Même la F92A avait fait mieux (quatrième en 1992).

Quoi qu’il en soit, cette saison 2020 est désormais terminée sur la piste, après 17 Grands Prix disputés. Il reste cependant deux baquets à pourvoir, dont un qui se révèle encore indécis à attribuer. Alexander Albon va-t-il rempiler pour une troisième saison chez Red Bull malgré ses performances décevantes ? Sergio Pérez a-t-il été assez performant chez Racing Point cette année pour devenir le coéquipier de Max Verstappen ? Seul l’avenir nous les dira, et rendez-vous le 19 mars 2021 désormais pour le début du Grand Prix d’Australie… si tout se passe comme prévu.

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Né avec le rêve de rejoindre Schumacher, Senna ou encore Prost au firmament de la Formule 1, aujourd'hui j'essaie de raconter leur histoire, ainsi que celle de tous les pilotes et de toutes les écuries qui ont fait, font et feront la légende d'un des plus beaux sports du monde.

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