La visière des femmes

24 Heures du Mans : un équipage 100% féminin chez Kessel

Pour la première fois depuis 2010, un équipage 100% féminin s’aligne sur la classique mancelle. Retour sur ces trois femmes ainsi que sur leur course.

Les équipages 100% féminins ont eu une jolie histoire aux 24 Heures du Mans, et ce, depuis les années 30. On peut citer en vrac mesdames Siko et Mareuse, septièmes en 1930, ou encore les victoires en Sport 2L en 1974 et 1975. Et en 2019, avec la montée en puissance des femmes dans le sport automobile, le Kessel Racing a engagé deux Ferrari 488 GTB en catégorie GTE Am, dont la n°83 pour trois femmes, la Suissesse Rahel Frey, l’Italienne Manuela Gostner et la Danoise Michelle Gatting, habituelles pensionnaires du championnat ELMS.

Les filles

Rahel Frey est la plus connue du trio, notamment pour avoir été du dernier équipage 100% féminin au Mans, en 2010. Elle pilotait alors une Ford GT en compagnie de ses compatriotes Natacha Gachnang et Cyndie Allemann. Qualifiées 40èmes, les Suissesses avaient dû abandonner après seulement 57 tours couverts. Elle a ensuite couru en DTM pendant deux ans, terminant septième à Valence en 2012, avant de courir entre autres en GT3 ou en R8 LMS Cup


Manuela Gostne
r est quant à elle rookie dans la classique mancelle. Passée par le Ferrari Challenge avec succès, elle a été sélectionnée par Kessel pour former un équipage 100% féminin, le premier de l’histoire de l’ELMS. Elle est la troisième Italienne à courir aux 24 Heures, après Lella Lombardi et Anna Cambiaghi (qui a également fait partie d’un équipage 100% féminin non qualifié pour les 24 Heures 1978).


Michelle Gatting
débute également aux 24 Heures du Mans. Commençant par le karting (et côtoyant entre autres Kevin Magnussen), elle passe ensuite par la Formule Ford, la Volkswagen Scirocco R Cup ou encore la Porsche Carrera Cup. Première femme à gagner une course dans le Danish Thundersport Championship (plus gros championnat danois de courses automobiles), elle a notamment participé aux dernières 4 Heures de Sepang sur une Ligier JSP3 en compagnie de Margot Laffite et de Katherine Legge où elles terminent huitièmes.

Elles ont séduit Kessel

Le Kessel Racing réunit les trois femmes pour la première fois à l’occasion des 12 Heures d’Abou Dhabi, sur une Ferrari 488 GT3 en catégorie Pro Am. Preuve de leur talent, elles terminent à une superbe seconde place. Face à ce succès, Kessel décide de les réunir de nouveau, mais cette fois, en European Le Mans Series (ELMS), en catégorie GTE Am. Bis repetita, puisque pour la première manche de la saison au Castellet, elles terminent deuxièmes de leur catégorie, avant de finir sixièmes à Monza.

L’ACO décide d’inviter l’équipage pour disputer les 24 Heures du Mans 2019. Floquée du numéro 83, leur Ferrari 488 GTB ne leur permet cependant pas de faire mieux que 60ème sur la grille, avec un chrono de 3’54ʺ083. Bien qu’elles ne concèdent que 2,6 secondes sur la pole de la catégorie, les écarts sont si serrés qu’elles se retrouvent cinq places derrière la voiture sœur de l’écurie, alors qu’elle n’est qu’une demi-seconde plus rapide. Si les qualifications ont été difficiles (elles ne devancent que la Ferrari du Clearwater Racing), elles vont devoir réaliser une bonne course et prier pour que la mécanique ne lâche pas en route.

Une course calme et propre

La Ferrari n°83 va parfaitement se faire oublier : sa course fut un long fleuve tranquille. Pas de problème rencontrés contrairement à des Aston Martin décimées par les soucis techniques et les sorties de route. Pas d’erreur de pilotage, de sortie de piste, juste une course discrète mais exempte de toute erreur pour terminer 41ème au général, et 10ème de la catégorie GTE Am. Cerise sur le gâteau, les filles s’offrent le luxe de coller six tours à la voiture sœur, la n°60 qui termine quant à elle 48ème, bien que leur voiture soit la seule à ne pas être passée sous la barre des 3’55 au tour.

Cette expérience concluante au Mans faisant suite à de bons résultats en ELMS promettent un bel avenir à cet équipage. Qui sait, peut-être que d’autres équipes sauteront le pas et sélectionneront des femmes pour courir en ELMS, voire en WEC et dans la catégorie reine, telle Vanina Ickx en 2011.

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Né avec le rêve de rejoindre Schumacher, Senna ou encore Prost au firmament de la Formule 1, aujourd'hui j'essaie de raconter leur histoire, ainsi que celle de tous les pilotes et de toutes les écuries qui ont fait, font et feront la légende d'un des plus beaux sports du monde.

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