Formule 1

GP d’Azerbaïdjan : Mercedes, deux fortunes diverses pour un résultat identique

Pour la sixième manche de la saison, la Formule 1 se déplaçait à Bakou, un circuit plébiscité des fans grâce à des courses riches en rebondissements. Force est de constater que cette édition 2021 n’a pas dérogé à la règle, avec cependant une certaine cruauté. Quand tous les favoris ont déçu, les outsiders en ont profité pour se montrer à l’avant. Mercedes a ainsi réalisé un week-end désastreux, pire que celui de Monaco qui l’avait déjà mise en difficulté…

Monaco était une course à oublier pour Mercedes, entre malchance et manque de rythme. Septième en qualifications, Hamilton n’avait pu faire mieux en course, bloqué derrière Gasly et doublé par Vettel et Pérez auteurs de meilleures stratégies. Quand à Bottas, son rythme supérieur en course a été ruiné par un écrou de roue grippé. Lui qui pouvait viser la deuxième place se voyait contraint d’abandonner, tandis que le dit écrou ne sera enlevé que le lendemain à l’usine, 43 heures après l’arrêt ! La légende raconte que Bottas est ensuite reparti pour finir juste devant les Haas…

Quoi qu’il en soit, les Flèches Noires sont bien déterminées à rebondir à Bakou, et ce malgré un tracé qui ne les avantage pas forcément. Si la W11 est rapide en ligne droite, elle est en revanche plus à la peine dans les sections techniques, ce qui se voit dès les premières séances d’essais. Hamilton et Bottas sont totalement hors du coup, alors que les Red Bull occupent les premières places devant les Ferrari. Hamilton sauve malgré tout les meubles en FP3 avec le troisième temps derrière Gasly et Pérez, alors que Verstappen finit dans le mur…

En qualifications, aucune réelle surprise jusqu’à la Q3 mais pas moins de trois drapeaux rouges avec les accidents de Stroll et Giovinazzi en Q1, puis celui de Ricciardo en Q2. La dernière séance se révèle complètement folle, avec Leclerc qui signe la pole provisoire devant Hamilton et Verstappen. Quatrième, Gasly peut regretter que Tsunoda n’ait pas été plus proche dans la dernière ligne droite : il était en avance sur Leclerc après le T2 et perd près de quatre dixièmes dans le dernier secteur, échouant à deux millièmes de Verstappen. Bottas n’est lui que dixième… et ne pourra pas faire mieux. Tsunoda se crashe dans le virage 7 et détruit son AlphaTauri, tandis que Sainz derrière lui tape le mur en bloquant ses roues. Le quatrième drapeau rouge est sorti et confirme la pole de Leclerc, sa seconde consécutive devant un Hamilton miraculé et un Verstappen déçu. Et cette fois le Monégasque va pouvoir profiter de cette pole position…

S’il conserve sa première position au départ, Leclerc ne mène même pas deux tours avant de céder face à Lewis Hamilton. Le septuple champion du monde démontre que même avec une voiture affaiblie, il faut encore et toujours compter sur lui. De son côté, Bottas est toujours bloqué en dixième position : comme à Imola, il est incapable de remonter sur qui que ce soit… L’Anglais est donc en tête devant Verstappen et Pérez qui se sont débarrassés tour à tour de Leclerc, qui bien qu’homme de miracles n’a pu résister à l’armada Red Bull.

Les premiers arrêts pour les pilotes en pneus tendres s’effectuent entre le neuvième et le treizième tour, et à ce petit jeu Hamilton est le grand perdant de l’opération. Si son arrêt se passe bien, il doit laisser passer Gasly et perd deux grosses secondes dans l’opération. Chez Red Bull, Verstappen bénéficie d’un arrêt éclair (moins de deux secondes !) tandis que celui de Pérez est plus long. Les deux pilotes repartent malgré tout devant la Mercedes, tandis que Vettel profite de ne pas s’être arrêté pour s’offrir quelques tours en tête, ses premiers depuis le Brésil en 2019.

Une fois l’Allemand arrêté, Verstappen reprend les commandes de la course devant Pérez, Hamilton et Stroll. Parti dernier après son accident des qualifications, le Canadien a pris le départ en pneus durs pour tenter de chausser des gommes tendres en fin d’épreuve. Bottas est lui toujours dixième derrière Norris, incapable de remonter ou même de se rapprocher du jeune Britannique.

Et alors que la course sombre plus ou moins dans la torpeur, tout le monde se réveille d’un coup dans le 30ème tour lorsque Stroll perd le contrôle de son Aston Martin dans la ligne droite. Alors derrière Mazepin, il est victime d’une crevaison qui le projette dans le mur et provoque la sortie de la voiture de sécurité. Mais en raison de l’endroit de son accident, la voie des stands est fermée… tant et si bien que seuls des pilotes en fond de classement changent de gommes, conscients qu’ils n’ont plus rien à perdre.

Au restart, deux pilotes se font remarquer mais pour des raisons différentes : Vettel et Bottas. L’Allemand d’Aston Martin semble revivre et s’offre Gasly et Leclerc avec des pneus un peu plus frais pour prendre la quatrième place. Le Finlandais de Mercedes réalise une relance… absolument désastreuse. Neuvième sur la ligne, il boucle le 36ème tour en 13ème position, doublé par Sainz, Ricciardo, Alonso et Räikkönen. Pire, il se fait doubler deux tours plus tard par… Giovinazzi ! 14ème derrière les Alfa Romeo et seulement devant les Williams et les Haas, Bottas réalise une course totalement indigne d’un pilote Mercedes. Et certains se demandent pourquoi de plus en plus de fans demandent son départ à corps et à cris…

Et alors que la course est de nouveau plutôt calme, une voiture part soudain dans le mur dans le 46ème tour… et il s’agit de la Red Bull de Max Verstappen ! Alors tranquille leader du Grand Prix, il a été victime comme Stroll d’une crevaison qui l’a envoyé lui aussi dans le mur et l’a contraint à l’abandon. Furieux, le Batave assène un coup de pied de frustration dans son pneu crevé, conscient qu’il a perdu gros. Mais il oublie que nous sommes à Bakou, et que tout y est possible. Red Bull demande alors à Michael Masi, le directeur de course de mettre un drapeau rouge pour permettre des changements de pneus… ce qui leur est accordé.

La course est donc arrêtée à la fin du 48ème tour pendant une vingtaine de minutes, le temps de nettoyer la piste avant de relancer la grille pour deux tours. La tension est à son comble : il s’agira de deux tours d’attaque, sans le moindre calcul et sur un départ arrêté. Pérez est donc en pole devant Hamilton, Vettel et Gasly… et c’est alors que tout bascule pour de bon pour Mercedes.

Hamilton prend un bien meilleur envol que Pérez et prend la tête… pendant quelques secondes. Soudain, l’impensable se produit : l’Anglais se rate au premier virage et tire tout droit ! Et contrairement à Imola, aucune chance de rattraper une telle erreur : le voici bon dernier derrière les Haas ! Personne ne comprend ce qui se passe, et Toto Wolff en brise presque son casque de désespoir : ses deux voitures sont hors des points ! Il s’avèrera après coup qu’Hamilton aurait involontairement appuyé sur un bouton dit « Brake Magic » qui l’aide à chauffer ses freins plus rapidement. Or ici ses disques ont surchauffé et se sont révélés totalement inefficaces…

Ce raté ouvre ainsi une voie royale à Sergio Pérez qui s’offre son second succès en Formule 1, pour la première fois depuis Ricciardo à Monaco en 2018 Red Bull ne s’impose pas grâce à Verstappen. Il devance un Sebastian Vettel retrouvé, qui démontre qu’il n’est pas fini loin s’en faut et qui signe la meilleure performance de l’histoire d’Aston Martin en F1. L’Allemand ne manque pas de chaudement féliciter le Mexicain à la radio puis sur le chemin du podium. Troisième, Pierre Gasly signe son troisième podium en F1 et montre une fois de plus qu’il sait être dans les bons coups quand sa voiture le lui permet. Il a toutefois du livrer une bataille féroce face à Charles Leclerc et Lando Norris, qui terminent derrière lui dans cet ordre. On retrouve ensuite Alonso qui a gagné quatre places dans les deux derniers tours, Tsunoda qui signe le meilleur résultat de sa carrière, Sainz, Ricciardo et Räikkönen qui marque son premier point de la saison.

Pour la première fois depuis le double abandon du Grand Prix d’Autriche 2018, aucune Mercedes n’est dans les points. Toutefois, cette course démontre à quel point Lewis Hamilton est supérieur à Valtteri Bottas en tous points. Au volant d’une monoplace en retrait par rapport à ses rivales, le septuple champion du monde a su se transcender pour aller chercher ce qui aurait pu être une magnifique victoire. Il aura suffi d’un bouton enclenché par erreur pour ruiner sa course et quelque peu consoler Verstappen, qui finalement ne perd rien sur le pilote anglais.

Bottas est lui resté au fond du trou du début à la fin du week-end. Incapable de jouer quoi que ce soit pendant la course, il a littéralement été ridiculisé par les Alfa Romeo qui l’ont toutes deux déposé. Il faut rappeler que ce sont des monoplaces qui ne jouent les points qu’en de rares occasions contre la meilleure écurie de la grille. Fantomatique, il est désormais sixième du championnat du monde, derrière Leclerc ! Et si son abandon monégasque est clairement du ressort de la malchance, ses contre-performances à Imola et à Bakou montrent qu’il n’est pas toujours capable d’être là où il le devrait.

Quoi qu’il en soit, Mercedes va devoir sérieusement rebondir en France pour se remettre sur les bons rails. Sur ce parking géant qu’est le circuit du Castellet, il y a fort à parier que les choses rentreront dans l’ordre et que les Mercedes retrouveront leur place à l’avant du peloton. Le tracé a beau être intéressant, l’absence totale d’herbe ou de graviers rend les erreurs bien plus permissives que sur des pistes « à l’ancienne » comme Spa ou Imola.

Et avec de tels résultats quelques stats ressortent :

Fondatrice et rédactrice en chef. Amoureuse de la course et du journalisme depuis des années, le ronronnement des moteurs m'a bercée depuis ma plus tendre enfance et rythme mon quotidien. F1nal Lap a pour but de rapprocher les amoureux de la F1 au plus près du Paddock au travers d'un contenu original et recherché. F1nal Lap, la F1 comme vous ne l'avez jamais vue !

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